Vite un rassemblement des forces progressistes

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

Les activites autour du centenaire de la naissance de Jacques Stephen Alexis ne viennent pas sans leur cortege de mascarades. Le pouvoir de facto, avorton du PHTK, lui-meme une sorte de tchaka neo-liberal, neo-jeanclaudiste, se mele meme de celebrer Alexis. On n’oubliera pas le vers de Philoctete sur <>.

Le cote positif est que rendre hommage a la vie et l’oeuvre d’Alexis nous oblige a remettre l’ideologie au coeur de la politique. Vision de l’humain, des rapports humains. Quels rapports humains pour quelle societe ? Quelle societe vers quels rapports humains ? Et ce a quoi nos choix nous obligent. Sortir de la routine des pouvoirs qui ne produisent ni sens, ni bien-etre, ni sentiment national.

Le pouvoir d’Ariel Henry, comme celui qui l’a precede, plus encore que celui qui l’a precede, est la negation de tout cela : l’anti-bien-etre, l’anti-justice, l’anti-processus de progres national. Ce ne sont pas quelques maigres elans technocratiques ni quelques phrases toutes faites sur la culture et le pays qui le sauveront de sa nature. Le pouvoir actuel est le resultat le plus abouti d’une politique de reduction de la politique a son maintien au pouvoir, a l’enrichissement personnel et a toute alliance de circonstance susceptible de servir a ces deux objectifs.

La cite, on s’en fout. On massacre des citoyens, la population vit dans la faim et la precarite, l’economie se degrade, les droits humains sont sans cesse violes, qu’importe tout cela. On radote et on se pavane…

Si ce pays ne veut pas mourir (je vois d’un bon oeil que des formations politiques se soient reunies pour rendre un hommage collectif a Jacques Stephen Alexis), comment eviter l’affrontement, au moins sur le terrain pacifique et pour la reconquete des institutions nationales, entre les forces progressistes et les residus phtkistes ?

C’est une guerre que les residus phtkistes ont declaree a Haiti. Il faut oser leur faire face en disant non, Haiti n’accepte pas la defaite. Oui, que toutes les forces progressistes reelles de ce pays fassent entendre leur refus de cette continuite assassine. Partout. Sans treve. Et sans baisser la voix.

Les choix conjoncturels ont permis de clarifier beaucoup de choses. Les faux socio-democrates, les faux secteurs populaires, les individualites opportunistes et sans gene… les composantes du residu sont plus lisibles aujourd’hui qu’elles ne l’etaient hier. Soit on veut la continuite, soit on veut repartir autrement dans un vaste elan national de reconquete de notre destinee de peuple. Nous en sommes la.

Il y en a marre qu’on traite de trop radical celle ou celui qui ose dire : je ne veux pas de cette continuite et je m’engage dans la lutte pour un autre depart. Allez dire aux cadavres sur les soutes, allez dire aux pauvres plus appauvris de jour en jour, allez dire au peuple que, pour leur bien-etre, le mieux c’est de faire avec cette continuite dont ils sont les victimes. La jonction necessaire entre les revendications de base du peuple (le droit a la vie, a un minimum de justice et de moyens de survie) et les imperatifs politiques (relancement de la vie institutionnelle et orientation de la gestion politique vers le service de l’interet public) est la principale tache de l’heure.