À l’approche des fêtes de fin d’année, période traditionnellement marquée par une intensification des déplacements et de l’activité commerciale, Pétion-Ville et Delmas connaissent une forte congestion routière. La situation résulte d’un cumul de facteurs, notamment l’afflux de populations déplacées par l’insécurité à Port-au-Prince et l’augmentation saisonnière de la mobilité urbaine dans la région métropolitaine.
Depuis plusieurs mois, l’insécurité persistante dans certains quartiers de la capitale a conduit de nombreuses familles à se relocaliser, temporairement ou durablement, vers des zones perçues comme relativement plus sûres, dont Pétion-Ville. À l’approche des fêtes, ce phénomène s’accentue avec l’arrivée de consommateurs venus effectuer des achats, participer aux activités festives ou rejoindre des proches.
Les principales artères de Pétion-Ville, de la route de Frères à la place Boyer en passant par le centre-ville, sont ainsi quotidiennement engorgées. Des trajets habituellement courts peuvent s’étendre sur de longues périodes, en particulier aux heures de pointe, compliquant les déplacements des résidents comme des visiteurs.
À Delmas, la situation est comparable. Commune stratégique reliant plusieurs zones de la capitale, Delmas subit une augmentation marquée du trafic, notamment sur des axes tels que Delmas 40B, Delmas 48 et certaines portions de l’autoroute menant vers Pétion-Ville. Véhicules particuliers, tap-taps, autobus et motocyclettes se partagent un espace routier insuffisant, souvent sans régulation effective.
L’absence de feux de signalisation fonctionnels, le stationnement irrégulier et le non-respect du code de la route contribuent à accentuer les perturbations. Selon des observations relayées par des agents de la circulation et des acteurs du transport urbain, la période des fêtes entraîne chaque année une hausse significative du trafic dans la zone métropolitaine, sans dispositif spécifique pour en limiter les effets.
Pour les usagers, les conséquences sont multiples. Retards répétés, fatigue physique et mentale, hausse des coûts de transport : la circulation devient une source de stress quotidien. Certains travailleurs indiquent passer plus d’une heure par jour dans les embouteillages, au détriment de leur productivité et de leur vie familiale.
« On quitte la maison très tôt le matin, et malgré cela, on arrive souvent en retard. Le soir, la situation est encore plus compliquée », confie une employée de commerce rencontrée à Pétion-Ville.
Du côté des chauffeurs de transport public, le mécontentement est largement exprimé. Coincés pendant de longues périodes dans la circulation, ils soulignent l’impact direct sur leurs revenus. Le temps passé à l’arrêt réduit le nombre de trajets effectués, tandis que les dépenses en carburant augmentent. Certains ajustements tarifaires sont parfois observés durant cette période, alimentant des tensions ponctuelles entre conducteurs et passagers.
Cette situation met en évidence les failles structurelles de la gestion urbaine dans la région métropolitaine : absence de plan de circulation adapté aux périodes de forte affluence, insuffisance de transports publics organisés et manque d’agents de régulation. À cela s’ajoute le contexte sécuritaire : tant que l’insécurité continuera de déplacer des populations vers des zones perçues comme plus sûres, la pression sur des communes comme Pétion-Ville et Delmas restera élevée.
CP:Fildor/Juno7
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