Haïti à la croisée des chemins : la fin imminente du CPT sous haute tension
À dix-sept jours de la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), Haïti s’enfonce dans une crise multidimensionnelle qui fragilise à la fois les institutions, la sécurité nationale et la crédibilité du processus de transition. La fermeture prolongée du principal aéroport international du pays, devenue un symbole de l’asphyxie de l’État, illustre l’ampleur du dysfonctionnement actuel.
Sur le plan sécuritaire, la situation demeure critique. Des groupes armés exercent un contrôle quasi total sur de larges portions du territoire national, notamment dans plusieurs départements stratégiques. Cette emprise territoriale entrave la libre circulation des personnes et des biens, paralyse l’économie et accentue la vulnérabilité d’une population déjà éprouvée par l’insécurité, l’inflation et la crise humanitaire.
C’est dans ce contexte explosif que cinq membres du CPT ont signé une résolution visant à modifier la configuration du gouvernement en place. Cette initiative, lourde de conséquences politiques et symboliques, intervient à la veille de l’expiration du mandat de l’organe de transition. Elle suscite de vives interrogations sur son opportunité réelle, alors que la stabilité institutionnelle, même relative, apparaît comme une nécessité immédiate.
La réaction de la communauté internationale ne s’est pas fait attendre. Les partenaires d’Haïti, notamment les États-Unis, ont exprimé leurs réserves et mis en garde contre toute décision susceptible d’aggraver l’instabilité politique. Ces signaux traduisent une inquiétude tangible quant à la capacité des acteurs haïtiens à privilégier l’intérêt national dans un environnement déjà extrêmement fragile.
Au-delà des calculs politiques, cette séquence révèle une crise plus profonde, celle de la gouvernance et de la confiance. La population, prise en étau entre l’insécurité, la précarité et l’incertitude institutionnelle, attend des réponses concrètes et responsables. Les tensions internes au sommet de l’État risquent, au contraire, d’accentuer la rupture entre dirigeants et citoyens.
À l’heure où le CPT arrive au terme de son mandat, la priorité devrait rester la recherche d’un minimum de consensus national, la sécurisation du territoire et la préparation crédible de la suite de la transition. À défaut, Haïti s’expose à une nouvelle phase d’instabilité dont les conséquences pourraient peser durablement sur l’avenir du pays.
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