Liberté de la presse en Haïti : le RENAMEL alerte sur un décret jugé dangereux à l’approche du 7 février
Le Réseau National des Médias en Ligne (RENAMEL) a vivement dénoncé, ce mardi, le décret adopté par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) encadrant l’exercice de la liberté d’expression et réprimant les délits de presse et de diffamation.
Dans un communiqué de presse, l’organisation se dit scandalisée par la promulgation, le 31 décembre 2025, de ce texte qu’elle qualifie de « hors normes ». Selon le RENAMEL, ce décret constitue une remise en cause d’un acquis fondamental de la démocratie haïtienne, obtenu au prix de nombreuses luttes menées par les journalistes et les professionnels des médias.
Selon le RENAMEL, le décret du CPT porte atteinte à la liberté d’expression en Haïti en remettant en cause les garanties juridiques encadrant le travail des médias.
Le réseau affirme ne pas croire que des acteurs du secteur aient participé à l’élaboration de ce document, estimant qu’il ne reflète ni les réalités ni les préoccupations de la presse haïtienne. Pour l’organisation, ce décret viserait principalement à protéger les membres du CPT et le gouvernement de facto à l’approche de la fin de leur mandat, prévue le 7 février 2026.
Par ailleurs, le RENAMEL critique la définition du métier de journaliste contenue dans le décret, jugée restrictive. Selon le réseau, l’exercice d’une profession ne peut se limiter à l’appartenance à un média. Il estime qu’une telle approche dénature la réalité du travail journalistique et porte atteinte à la reconnaissance professionnelle.
Sur le plan juridique, l’organisation s’inquiète également des dispositions finales du texte, qui prétendent abroger certaines lois existantes. Le RENAMEL rappelle le principe de la hiérarchie des normes, soulignant qu’un décret ne peut légalement annuler une loi, conformément aux fondements du droit.
Face à cette situation, le comité exécutif du réseau appelle les journalistes, les professionnels des médias et les organisations de la société civile à se mobiliser. Il les invite à encourager des débats publics autour de ce décret et à prendre les dispositions nécessaires pour contrer toute tentative de musellement de la presse.
Le RENAMEL réaffirme ainsi son engagement en faveur de la liberté d’expression et de l’indépendance des médias, qu’il considère comme des piliers essentiels de la démocratie en Haïti.
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