Derrière les chiffres officiels, des familles toujours étranglées par la hausse des prix
Les autorités parlent de décélération. Les ménages, eux, parlent de survie.
En décembre 2025, l’inflation annuelle en Haïti s’est établie à 25 %, contre 28,3 % le mois précédent, selon la Banque de la République d’Haïti et l’Institut haïtien de statistique et d’informatique.
Sur le papier, le rythme ralentit.
Dans les marchés, les prix ne reculent pas.
Manger coûte toujours plus cher
Les produits alimentaires ont augmenté de 26,2 % sur un an. Pour des millions de familles, cela signifie une seule chose : remplir le panier de base demande encore plus d’efforts qu’il y a un an.
Quand les revenus stagnent et que les dépenses alimentaires occupent la plus grande part du budget, chaque hausse devient un choc supplémentaire.
Se loger devient un combat
Le poste logement, eau, gaz et électricité affiche une hausse annuelle de 40,5 %. C’est l’une des augmentations les plus lourdes.
Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et la précarité, le coût de se loger ou simplement de payer l’électricité continue de peser sur des ménages à bout de souffle.
Oui, ça ralentit… mais ça ne baisse pas
L’inflation mensuelle s’élève à 0,9 % en décembre. C’est moins rapide qu’avant. Mais c’est encore une hausse.
Les prix ne diminuent pas. Ils montent simplement un peu moins vite.
Comparée à la République dominicaine, où l’inflation reste sous les 1 %, la situation haïtienne montre à quel point la pression demeure exceptionnelle.
Un fragile répit, pas une victoire
La Banque centrale évoque la stabilité relative de la gourde et une meilleure disponibilité de certains produits pour expliquer cette accalmie.
Mais l’inflation sous-jacente reste élevée à 24,1 %. Autrement dit, les tensions profondes dans l’économie ne disparaissent pas.
Dans tout le pays, la même réalité
Nord, Sud, Aire métropolitaine, Reste Ouest : les taux dépassent encore 22 % partout.
Pour beaucoup de familles, cela signifie réduire les portions, reporter des soins, renoncer à certains besoins essentiels.
Ce n’est pas une statistique. C’est un quotidien.
Les prochains mois sous surveillance
Les projections officielles annoncent une baisse progressive vers 21 % d’ici mars 2026.
Même à ce niveau, la vie restera chère.
Car quand l’inflation ralentit sans que les revenus augmentent, le soulagement reste théorique.
Le rythme baisse.
La pression, elle, continue.
Et pour des millions d’Haïtiens, la question n’est plus économique. Elle est simple : comment tenir ?
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