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Cassave et coopération régionale : Ricarson Dorcé en conférence à l’Université Laval 

27 February 2026
This content originally appeared on juno7 - Haïti News.
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À l’Université Laval, à Québec, une séance consacrée au patrimoine culturel immatériel a mis en lumière le rôle de la cassave comme exemple de coopération régionale entre plusieurs États de la Caraïbe.

Invité dans le cadre du cours ETN-7016 Patrimoines et patrimonialisation, animé par le chercheur en ethnologie et patrimoine Dieufort Deslorges, Ricarson Dorcé a présenté une analyse détaillée du processus d’inscription de la cassave sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Le dossier, soumis en 2024 par cinq États Haïti, Cuba, la République dominicaine, le Honduras et le Venezuela constitue un exemple de candidature multinationale fondée sur le partage des responsabilités et la reconnaissance d’un patrimoine culturel commun.

Au cœur de son intervention, Ricarson Dorcé a rappelé que la cassave dépasse sa dimension alimentaire. Issue du manioc, elle représente un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération et profondément enraciné dans les pratiques sociales, les traditions artisanales et l’identité des communautés concernées.

L’inscription à l’UNESCO repose sur les principes de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, notamment la transmission intergénérationnelle, la participation active des communautés et la mise en place de mesures de sauvegarde adaptées.

Selon le conférencier, la force du dossier réside dans son architecture collaborative. Chaque pays participant a documenté les spécificités locales liées à la production et à la consommation de la cassave, tout en contribuant à un récit commun valorisant l’unité culturelle de la région sans uniformiser les pratiques.

Il a également souligné le rôle central des communautés dans la préparation de la candidature : ateliers participatifs, inventaires nationaux, consultations locales et propositions de mesures de protection ont constitué les fondements du projet.

Les échanges avec les étudiants ont porté sur les enjeux post-inscription, notamment la mise en œuvre durable des plans de sauvegarde, la coordination interétatique et la transmission aux jeunes générations. L’inscription à l’UNESCO, a-t-il été rappelé, ne constitue pas une finalité mais un point de départ pour renforcer la protection et la valorisation responsable du patrimoine.

Dans un contexte où les défis institutionnels et sociaux demeurent importants en Haïti, la reconnaissance internationale de la cassave illustre la capacité du pays à s’inscrire dans des dynamiques culturelles régionales structurées et à participer activement aux mécanismes multilatéraux de coopération.

La conférence tenue à l’Université Laval s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur le rôle du patrimoine culturel immatériel comme levier de dialogue, de cohésion sociale et de coopération entre États partageant une histoire et des traditions communes.