L’augmentation des prix à la pompe provoque des conflits entre passagers et chauffeurs.
La hausse des prix du carburant commence déjà à produire ses effets dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, où des tensions ont été constatées entre passagers et chauffeurs de transports en commun.
Un reporter de Juno7 a parcouru, ce jeudi, plusieurs axes de la capitale, observant une montée des altercations sur fond d’augmentation des tarifs du transport.
Selon un avis conjoint du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et du Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), les nouveaux prix à la pompe sont désormais fixés à 725 gourdes pour la gazoline, 850 gourdes pour le gasoil et 845 gourdes pour le kérosène, avec une entrée en vigueur annoncée pour ce jeudi 2 avril 2026.
Sur le terrain, ces ajustements ont rapidement été répercutés sur les usagers. À Gérald Bataille, les motocyclettes à trois roues assurant le trajet vers Delmas 33 et Caradeux sont passées de 50 à 75 gourdes. Les bus reliant Clercine à la route de Frères ont augmenté leur tarif de 100 à 125 gourdes.
Même constat pour les camionnettes assurant la liaison entre Delmas et Pétion-Ville, où le prix est passé de 50 à 75 gourdes, ainsi que pour les bus opérant sur l’axe Jacquet–Pétion-Ville.
Face à ces hausses, des altercations ont été signalées. Des passagers contestent les nouveaux tarifs, tandis que les chauffeurs justifient ces augmentations par la hausse du carburant.
« Des passagers osent nous traiter de voleurs, alors qu’ils savent que le prix du carburant a augmenté », a confié un chauffeur rencontré à Frères.
Certains conducteurs appellent les autorités à intervenir afin de réguler les tarifs du transport en commun, estimant qu’une fixation officielle des prix pourrait éviter une aggravation des tensions.
Par ailleurs, Juno7 rapporte qu’à Delmas, Caradeux et Pétion-Ville, plusieurs stations-service avaient déjà appliqué les nouveaux prix dès le 1er avril, soit avant la date officielle d’entrée en vigueur, accentuant la confusion et la frustration de la population.
Dans un contexte socio-économique déjà fragile, cette nouvelle hausse du carburant pourrait accentuer les difficultés des usagers et alimenter davantage les tensions dans les transports publics.