Assassinat de Jovenel Moïse : un projet évoqué pour faire disparaître le corps
Le procès révèle un enchevêtrement de plans, de rivalités et de décisions extrêmes.
Le tribunal fédéral de Miami poursuit l’examen du dossier lié à l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, avec le témoignage central de l’ancien sénateur Joseph Joël John. Pendant plusieurs jours, ce dernier a détaillé les multiples dimensions du complot présumé.
Parmi les éléments évoqués figure un projet attribué à Joseph Félix Badio, visant à faire disparaître le corps du président après sa mort. Selon le témoin, l’idée aurait été de le jeter à la mer, illustrant le niveau de radicalité de certains acteurs impliqués. Cette affirmation reste toutefois basée sur un témoignage et n’a pas été confirmée par d’autres preuves présentées à ce stade.
Le procès met en cause plusieurs accusés, dont James Solages, présenté comme un intermédiaire entre des ressortissants haïtiens et d’anciens militaires colombiens recrutés par la société Counter Terrorist Unit Security. Le témoin l’a décrit comme un acteur opérationnel important au sein du groupe.
Les débats ont également mis en lumière plusieurs tentatives antérieures à l’attaque. Parmi elles figurent un projet de mobilisation populaire évoqué par Christian Emmanuel Sanon, un plan de capture du président à l’aéroport, ainsi qu’une tentative présumée de le contraindre à démissionner à l’aide d’une substance.
Selon le témoignage, ces initiatives auraient échoué en raison de contraintes logistiques, notamment un manque de financement et d’équipement. Ce n’est qu’au début du mois de juillet 2021 que la décision de recourir à la violence aurait été prise.
La nuit de l’assassinat, un convoi composé de ressortissants colombiens, de policiers haïtiens et d’autres individus impliqués s’est dirigé vers la résidence présidentielle à Pèlerin 5. Le témoin affirme avoir été surpris par ce qu’il décrit comme un changement de stratégie, qui visait désormais à tuer le président.
Lors du contre-interrogatoire, la défense a tenté de remettre en question la crédibilité du témoin, en soulignant des incohérences dans ses déclarations antérieures, notamment devant le FBI. Joseph Joël John a reconnu avoir omis certaines informations par crainte pour sa sécurité, tout en affirmant fournir désormais un récit complet.
Ces témoignages contribuent à éclairer la complexité d’un dossier marqué par des intérêts divergents, des alliances fluctuantes et de nombreuses zones d’ombre.
Related News
Haïti : l’INFP annonce de nouvelles écoles et plus de transparence
Éliminatoires Concacaf : Haïti écrase Anguilla (5-0) et reprend la tête du groupe
Carburant : réactions de citoyens après la hausse des prix en Haïti