La BRH met en avant la résilience du système bancaire haïtien face aux crises
La Banque centrale estime que sa politique prudentielle a permis d’éviter une crise financière majeure malgré l’insécurité, les chocs économiques et les catastrophes qui ont affecté le pays ces dernières années.
La Banque de la République d’Haïti a publié une analyse détaillée mettant en lumière le rôle joué par sa politique prudentielle dans la préservation de la stabilité du système financier haïtien au cours des dernières années.
Selon la Banque centrale, l’économie haïtienne évolue dans un environnement marqué par une accumulation de crises sécuritaires, politiques, climatiques et économiques qui auraient normalement pu provoquer une crise bancaire systémique.
L’institution rappelle que plusieurs modèles économiques prévoient généralement qu’un tel contexte entraîne des retraits massifs de dépôts, des problèmes de liquidité et, dans certains cas, des faillites bancaires.
Pourtant, malgré les difficultés persistantes auxquelles le pays est confronté, le secteur bancaire haïtien a démontré une capacité de résistance qui a permis d’éviter un effondrement du système financier.
La BRH attribue cette résilience à plusieurs facteurs, notamment les transferts réguliers de la diaspora, la structure partiellement dollarisée des bilans bancaires ainsi qu’à la mise en œuvre de politiques prudentielles rigoureuses destinées à limiter les risques.
La Banque centrale rappelle que la stabilité financière et monétaire figure parmi ses principales missions.
Pour atteindre cet objectif, elle s’appuie sur plusieurs instruments réglementaires visant à renforcer la solidité des institutions financières et à prévenir les risques susceptibles d’affecter le système bancaire.
Parmi ces mécanismes figurent notamment la circulaire 88-1 relative aux exigences minimales de fonds propres et la circulaire 116 consacrée à la gestion des risques structurels de liquidité.
Selon la BRH, ces dispositifs permettent de mieux encadrer les risques de crédit, les risques de marché et les risques de liquidité tout en imposant aux banques des exigences de solvabilité plus strictes.
L’analyse indique également que le risque de change demeure sous contrôle grâce aux interventions de la Banque centrale sur le marché des changes ainsi qu’aux limites imposées aux institutions financières concernant leur exposition aux fluctuations monétaires.
Concernant le risque de crédit, la BRH souligne que les banques sont soumises à des obligations de provisionnement et à un suivi permanent de leurs portefeuilles de prêts afin de limiter les pertes potentielles.
La Banque centrale met également en avant plusieurs indicateurs démontrant, selon elle, la solidité relative du système bancaire.
Entre 2000 et 2024, le ratio fonds propres sur actif s’est maintenu à une moyenne de 7 %, tandis que le ratio dépôts sur actif a atteint en moyenne 82 %.
Au cours de la période 2020-2024, le ratio fonds propres sur actif a progressé à 8,3 %, alors que le ratio dépôts sur actif a fluctué entre 68 % et 82 %.
La BRH souligne également que les institutions financières respectent et dépassent généralement les exigences réglementaires minimales en matière de capitalisation.
L’analyse fait aussi état d’une amélioration du contrôle des créances à risque.
Entre 2020 et 2024, le taux moyen de prêts improductifs s’est établi à 6,5 %, tandis que le taux de couverture des créances a varié entre 63 % et 105 %.
Malgré ces résultats jugés encourageants, la Banque centrale estime qu’une vigilance permanente demeure indispensable.
L’institution évoque notamment le risque d’une « tempête parfaite » pouvant résulter de la combinaison simultanée d’une aggravation de l’insécurité, d’une crise politique majeure, de catastrophes naturelles et de chocs économiques internationaux.
Face à ces menaces potentielles, la BRH affirme poursuivre le renforcement de ses mécanismes de surveillance et de gestion des risques afin de préserver la stabilité financière du pays.
Pour la Banque centrale, la solidité du système bancaire demeure un élément essentiel au financement de l’économie nationale et au maintien de la confiance des déposants dans les institutions financières.
À lire aussi : Situation en Haïti : état des lieux, enjeux et repères
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