Le gouverneur de la BRH appelle à faire de la recherche scientifique un moteur du développement d’Haïti
À l’ouverture des deuxièmes Journées scientifiques du Fonds BRH pour la recherche et le développement, Ronald Gabriel a plaidé pour une meilleure valorisation des connaissances scientifiques afin d’éclairer les politiques publiques et de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux du pays.
Le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Ronald Gabriel, a appelé à placer la recherche scientifique au cœur des stratégies de développement national lors de l’ouverture de la deuxième édition des Journées scientifiques du Fonds BRH pour la recherche et le développement, organisée le jeudi 23 juillet 2026 à l’hôtel Karibe.
Placée sous le thème « La recherche au service du développement : optimiser la production et l’utilisation des connaissances scientifiques », cette rencontre a réuni des représentants des pouvoirs publics, des universités, du secteur privé, des partenaires internationaux, ainsi que des chercheurs et des étudiants.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a participé à la cérémonie aux côtés notamment du ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Déméro, et du recteur de l’Université d’État d’Haïti, le Dr Dieuseul Prédélus.
Dans son discours d’ouverture, Ronald Gabriel a salué la présence du chef du gouvernement, estimant qu’elle traduisait un engagement en faveur de la recherche scientifique et de l’innovation.
Il a également mis en avant la contribution du ministère de l’Économie et des Finances au financement du Fonds BRH, ainsi que le rôle du ministère de l’Éducation nationale dans la diffusion des résultats des recherches soutenues.
Pour le gouverneur, le développement durable repose avant tout sur la capacité d’un pays à produire des connaissances adaptées à ses propres réalités.
Il a souligné que, dans un contexte marqué par les progrès de l’intelligence artificielle, les changements climatiques et les transformations géopolitiques, la maîtrise des connaissances constitue aussi un enjeu de souveraineté.
« Un pays qui ne produit pas suffisamment de connaissances sur ses défis est souvent contraint d’importer les solutions conçues par un autre », a déclaré Ronald Gabriel, appelant à renforcer les capacités nationales de recherche afin de développer des réponses adaptées aux réalités économiques, sociales et environnementales d’Haïti.
Le gouverneur a également défendu le rôle d’une banque centrale dans le financement de la recherche scientifique.
Selon lui, la stabilité monétaire et financière ne représente pas une fin en soi, mais un socle indispensable pour favoriser l’investissement, l’innovation, l’amélioration de la productivité et le développement économique.
« Aucune politique économique ne peut être durable lorsqu’elle n’est pas éclairée par des données fiables, des analyses rigoureuses et des travaux scientifiques de qualité », a-t-il affirmé, expliquant que la BRH avait choisi d’investir dans le capital intellectuel du pays.
Les travaux présentés durant ces journées scientifiques couvrent plusieurs domaines, notamment l’agriculture intelligente, la gestion durable des déchets, la médecine traditionnelle, les technologies financières, les paiements mobiles, les changements climatiques et la gestion des ressources naturelles.
Pour Ronald Gabriel, le succès du Fonds BRH ne doit pas être évalué uniquement en fonction du nombre de projets financés.
Il estime que l’objectif principal consiste à transformer les résultats de la recherche en politiques publiques, en innovations et en solutions concrètes susceptibles d’améliorer les conditions de vie de la population.
« Une recherche non exploitée est une connaissance qui ne produit aucun impact », a-t-il déclaré, plaidant pour une meilleure diffusion des travaux scientifiques et un rapprochement entre les chercheurs et les décideurs publics.
Le gouverneur a également appelé à la construction d’un véritable écosystème national de la recherche reposant sur une coopération renforcée entre les universités, les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires internationaux.
La cérémonie a aussi mis à l’honneur de jeunes élèves de l’école Educaré Ayiti et du Collège Catts Pressoir, venus présenter des projets en robotique et en intelligence artificielle.
Selon Ronald Gabriel, leur participation témoigne du potentiel scientifique de la jeunesse haïtienne et de l’importance d’investir dès aujourd’hui dans la formation des futures générations de chercheurs et d’innovateurs.
En clôturant son intervention, le gouverneur a salué le travail du Conseil scientifique, de la Direction exécutive du Fonds BRH, des universités partenaires, des chercheurs et des équipes de la Banque centrale.
Il a exprimé le souhait que cette deuxième édition des Journées scientifiques favorise l’émergence de nouvelles collaborations capables de rapprocher durablement la recherche scientifique, les politiques publiques et le développement national.
À lire aussi : Situation en Haïti : état des lieux, enjeux et repères
Related News
Haïti met l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie numérique au Forum mon...
L’ULCC mise sur les contributions de la diaspora pour renforcer la lutte contre la corru...
« Nous connaissons cette douleur… »