L’ONLCC interpelle l’UCREF et réclame des explications sur les soupçons de blanchiment d’argent en Haïti
L’Observatoire national de lutte contre la corruption et la criminalité reproche à l’Unité centrale de renseignements financiers son manque de communication face aux dénonciations de blanchiment de capitaux. L’organisation demande également des éclaircissements sur les circuits financiers qui alimenteraient les groupes armés.
L’Observatoire national de lutte contre la corruption et la criminalité (ONLCC) interpelle l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) sur sa gestion des soupçons de blanchiment d’argent et des flux financiers illicites en Haïti.
Dans une note de presse datée du 30 juillet, l’organisation critique ce qu’elle présente comme le silence et l’inaction de l’institution chargée de recueillir, d’analyser et de transmettre aux autorités compétentes les informations relatives aux opérations financières suspectes.
L’ONLCC affirme que plusieurs individus et institutions ont fait l’objet, au cours des derniers mois, de dénonciations publiques liées à de possibles opérations de blanchiment de capitaux. Elle déplore toutefois l’absence, selon elle, de rapports publics ou de communications permettant de connaître les suites données à ces allégations.
L’organisation estime que cette situation contribue à affaiblir la confiance dans les mécanismes de lutte contre la criminalité financière et empêche la population de mesurer l’action réelle des institutions compétentes.
Les accusations évoquées par l’ONLCC ne constituent cependant pas, en elles-mêmes, des preuves de blanchiment d’argent. Toute responsabilité pénale doit être établie dans le cadre d’une enquête régulière et d’une procédure judiciaire respectant la présomption d’innocence.
Dans sa note, l’Observatoire rappelle que les responsabilités de l’UCREF sont notamment encadrées par la loi du 8 mai 2017 et par le décret du 30 avril 2023 portant sur le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
L’ONLCC s’interroge également sur la situation administrative du directeur général de l’UCREF, Me Michelin Justable. L’organisation affirme que son mandat aurait expiré depuis octobre 2023 et lui reproche de continuer à exercer ses fonctions sans présenter de résultats suffisamment visibles.
Cette affirmation n’avait pas encore fait l’objet d’une réponse publique de l’UCREF au moment de la publication de la note.
L’Observatoire demande par ailleurs à l’institution de s’intéresser davantage aux flux financiers susceptibles d’être liés aux enlèvements, au financement des groupes armés et au trafic de munitions.
Il s’interroge notamment sur la manière dont les rançons versées à la suite d’enlèvements circulent dans l’économie, sur leur éventuelle conversion en devises et sur les mécanismes utilisés pour financer l’acquisition d’armes ou de munitions à l’étranger.
L’ONLCC établit également un rapprochement entre ces activités illicites présumées et les difficultés d’accès aux liquidités signalées dans certaines villes du pays. Aucun élément indépendant n’est toutefois présenté dans la note pour démontrer directement ce lien.
L’organisation invite donc l’UCREF à fournir des explications, à communiquer davantage sur ses actions et à assumer pleinement son rôle dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement de la criminalité organisée.
À ce stade, l’UCREF n’avait pas encore réagi publiquement aux reproches formulés par l’ONLCC.
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