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235e anniversaire de Bois-Caïman : Kenbe Kapòw ravive la mémoire historique et ouvre le dialogue sur l’avenir d’Haïti 

14 August 2026
This content originally appeared on juno7 - Haïti News.
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Le mouvement Kenbe Kapòw transforme une commémoration historique en espace de dialogue citoyen autour du thème « Rasin Libète • Chimen Lavni ».

Le Cap-Haïtien a accueilli une journée de réflexion consacrée à la mémoire de la cérémonie de Bois-Caïman, dont on célèbre cette année le 235e anniversaire. Organisée par le mouvement Kenbe Kapòw, la rencontre a rassemblé universitaires, artistes, figures politiques et représentants de la société civile autour d’une question centrale : comment faire de l’héritage historique un levier pour construire l’Haïti de demain ?

Loin d’une simple cérémonie commémorative, l’événement s’est voulu un véritable laboratoire d’idées. L’ambassadrice Dominique Dupuy a livré l’intervention centrale de la journée, plaidant pour une réappropriation collective de l’histoire nationale comme condition préalable à toute projection vers l’avenir. Son intervention a donné le ton d’une journée où le passé n’a jamais été convoqué pour lui-même, mais toujours comme point d’appui pour interroger le présent.

La matinée s’est articulée autour d’un premier panel conduit par Rodeline Doly, réunissant Edelyn Dorismond, Kenrick Demesvar, Michaëlle Saint-Natus et Sterline Civil. Les intervenants y ont interrogé les liens entre mémoire collective et responsabilité citoyenne, insistant sur le rôle que chaque Haïtien peut jouer face aux crises que traverse le pays.

Un second temps d’échanges, animé par Lekendy Marcellus, a réuni l’écrivain Lyonel Trouillot, Widline Pierre, Gabrielle Aurel et Enomy Germain. Les discussions ont prolongé la réflexion vers les enjeux contemporains, cherchant à établir des passerelles concrètes entre l’esprit qui a animé les insurgés de 1791 et les défis structurels auxquels Haïti fait face aujourd’hui.

Pour les organisateurs, Bois-Caïman dépasse le simple statut d’événement fondateur inscrit dans les manuels scolaires. Il incarne, selon eux, la preuve historique que le peuple haïtien possède la capacité de se rassembler et de décider collectivement de son destin. C’est cette lecture qui a guidé l’ensemble de la journée : replacer la mémoire non pas comme un objet de commémoration figée, mais comme un instrument de mobilisation pour les générations présentes.

Plusieurs figures locales ont marqué de leur présence cette initiative, dont l’ex-mairesse du Cap-Haïtien Angie Bell, le porte-parole du mouvement Karlin Georges, son coordonnateur, le Dr Jimmy Beau-Soleil, ainsi que Dieula Codio Gagariel, engagée sur les questions liées à la place des femmes au sein de l’organisation.

En clôturant cette journée, Kenbe Kapòw a réaffirmé sa conviction : renouer avec les racines de la nation n’a de sens que si cet exercice de mémoire débouche sur une action tournée vers l’avenir. Entre l’héritage transmis par les ancêtres et les responsabilités qui incombent à la génération actuelle, le mouvement entend poursuivre cette démarche de réflexion collective, convaincu qu’elle constitue une étape nécessaire vers un nouveau chemin pour Haïti.

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