Au Cap-Haïtien, Dominique Dupuy appelle à la mobilisation électorale sans dévoiler ses intentions politiques
Venue accomplir ses formalités d’inscription électorale au Cap-Haïtien, l’ancienne ministre des Affaires étrangères Dominique Dupuy appelle les citoyens à participer au processus. Interrogée par Juno7 sur une éventuelle candidature, elle affirme qu’elle communiquera ses intentions « le moment venu ».
L’ancienne ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Dominique Dupuy, s’est rendue mercredi à l’École professionnelle Bande du Nord, au Cap-Haïtien, afin d’accomplir les formalités liées à son inscription sur les listes électorales.
Plusieurs personnes étaient présentes devant l’établissement à l’occasion de son passage. Dominique Dupuy a profité de cette présence pour appeler les citoyens à accomplir eux aussi les démarches nécessaires pour pouvoir participer aux prochaines élections.
« Posséder une carte d’identité ne suffit pas pour voter. L’enregistrement auprès d’un bureau électoral est une étape obligatoire », a-t-elle déclaré, exhortant les personnes remplissant les conditions requises à se rendre dans les centres d’inscription.
Interrogée par Juno7 sur la nature de sa démarche, l’ancienne chancelière affirme qu’elle est avant tout citoyenne.
« C’est d’abord une démarche citoyenne. Je crois que chaque Haïtien doit exercer son droit de participer à la vie démocratique », répond Dominique Dupuy.
La mobilisation observée autour de son déplacement intervient toutefois à quelques mois des prochaines élections et alors que son nom demeure présent dans l’espace public. Questionnée directement par Juno7 sur une éventuelle candidature à une fonction élective, Dominique Dupuy n’a ni confirmé ni écarté cette possibilité.
« Ma priorité aujourd’hui est de contribuer au processus démocratique du pays. Le moment venu, je communiquerai clairement mes décisions et mes intentions », a-t-elle indiqué.
Sur les conditions nécessaires à l’organisation du scrutin, l’ancienne ministre estime que la participation électorale ne peut être dissociée de la situation sécuritaire.
« Des élections crédibles exigent que les citoyens puissent s’inscrire, voter et faire campagne librement et en sécurité sur l’ensemble du territoire », affirme-t-elle.
Dominique Dupuy identifie trois priorités qui devraient, selon elle, précéder les prochaines échéances : améliorer concrètement la sécurité et garantir la libre circulation, renforcer l’indépendance et la crédibilité des institutions électorales, puis instaurer un dialogue national permettant aux acteurs politiques et à la société civile de s’accorder sur des règles du jeu acceptées par tous.
Plus tard dans la journée, l’ancienne chancelière a participé à l’Hostellerie du Roi Christophe à une conférence organisée par le mouvement Kenbe Kapòw autour du thème « Bwa Kayiman : Rasin Libète, Chemen Lavni ».
La rencontre a réuni des universitaires, des artistes et des représentants de la société civile autour de la mémoire de Bois-Caïman et des défis auxquels Haïti est confrontée.
Dans son intervention, Dominique Dupuy a évoqué notamment l’insécurité, la pauvreté, les déplacements internes, le chômage, les difficultés d’accès aux services publics et le départ de nombreux jeunes du pays.
« Nous ne devons pas banaliser ces crises », a-t-elle déclaré.
Elle a également lancé une formule faisant référence à deux épisodes de l’histoire haïtienne : « Nous n’avons pas besoin d’un deuxième Pont-Rouge. Nous avons besoin d’un deuxième Bois-Caïman ».
Interrogée par Juno7 sur la signification de cet appel, Dominique Dupuy explique défendre l’idée d’un nouveau pacte national.
« Je parle d’un nouveau pacte historique : réunir les forces vives du pays autour d’un projet commun, dépassant les intérêts particuliers, avec des engagements clairs sur la sécurité, la justice sociale, la santé, l’économie, etc. », précise-t-elle.
L’ancienne ministre présente ainsi Bois-Caïman comme une référence à l’unité et à l’action collective plutôt que comme une simple commémoration historique.
Son déplacement au Cap-Haïtien intervient alors que les opérations d’inscription électorale et les autres préparatifs du scrutin se poursuivent. Quant à son propre avenir politique, Dominique Dupuy affirme qu’elle fera connaître ses décisions et ses intentions « le moment venu ».
À lire aussi : Haïti – Élections 2026
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