À la veille du 7 février, plusieurs écoles ferment par précaution dans un climat d’incertitude politique
Alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition arrive à son terme, des établissements scolaires suspendent les cours, pendant que le débat sur l’avenir institutionnel et les prises de position diplomatiques alimentent les tensions.
À moins de 24 heures du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), plusieurs établissements scolaires de la capitale ont décidé de fermer leurs portes ce vendredi 6 février. Selon les informations recueillies par la rédaction de Juno7 auprès de plusieurs parents, ces décisions ont été annoncées dès la veille, invitant les élèves à rester chez eux par mesure de précaution.
Un parent a confié à Juno7 que l’institution Sainte Rose de Lima (Mère Lalue) ne fonctionnera pas. « On m’a déjà envoyé une note pour m’informer qu’elle ne fonctionnera pas. Le lieu où je travaille aussi n’aura pas de classe », a indiqué cette mère de famille. Des situations similaires ont été signalées au Collège Roger Anglade, Centre d’études, où les activités scolaires ont également été suspendues.
En revanche, l’information reste contrastée dans certains établissements. Un parent a informé à Juno7 que le Collège Canado Haïtien n’a, jusqu’à présent, envoyé aucune note officielle aux parents et que son fils est attendu pour un examen ce vendredi.
Ces fermetures interviennent dans un contexte de fortes rumeurs et d’inquiétudes à l’approche du 7 février. Plusieurs informations laissent croire à d’éventuels débordements dans les rues, une situation qui alimente la panique au sein de la population. Depuis ce vendredi, de nombreux citoyens semblent prendre des dispositions pour rester chez eux et observer l’évolution de la situation politique lors de cette journée symbolique, au terme de laquelle les membres du CPT sont censés quitter le pouvoir.
Parallèlement, les travaux du Dialogue inter-haïtien, tenus du 1er au 5 février 2026 à l’Hôtel Montana, ont débouché sur une proposition politique majeure visant à repenser l’architecture institutionnelle du pays. Ces discussions, présidées par Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles, tous membres du CPT, ont réuni divers acteurs autour de la nécessité de réformer la gouvernance nationale.
Le document final issu de ces échanges recommande notamment l’instauration d’un exécutif à double tête, structuré autour d’un Collège présidentiel et d’un chef de gouvernement. Selon les promoteurs de cette réforme, ce modèle permettrait de renforcer l’équilibre des pouvoirs, d’améliorer la représentativité au sommet de l’État et de réduire les tensions chroniques qui fragilisent le fonctionnement des institutions haïtiennes.
Dans ce climat déjà sensible, la prise de position de l’ambassade des États-Unis en Haïti a également retenu l’attention. À quelques jours de la fin annoncée du mandat du CPT, la mission diplomatique américaine a publié un message sur sa page Facebook déclarant : « Alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition prend fin le 7 février, nous soutenons le leadership du Premier ministre Fils-Aimé dans la construction d’une Haïti forte, prospère et libre ».
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