Des partis politiques commencent à signer le Pacte national pour la stabilité
Port-au-Prince, 21 février 2026 — Le « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections » entre progressivement dans sa phase active. Réunis à l’Hôtel Kinam, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont entamé la signature du document, marquant une étape symbolique dans la gestion de l’après-CPT.
Fanmi Lavalas, le Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK), Engagement pour le Développement (EDE), ainsi que d’autres structures comme ASE et le Congrès patriotique figurent parmi les premières entités à apposer leur signature.
Cette initiative intervient dans un contexte institutionnel sensible, quelques semaines après la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition, le 7 février 2026. Le Pacte vise à encadrer la période intérimaire autour d’un double impératif : restaurer un minimum de sécurité sur le territoire national et préparer des élections jugées crédibles.
Le texte, composé de 30 articles, établit les règles du jeu de la transition. L’article 4 prévoit qu’à compter de sa signature, le Premier ministre engagera des consultations en vue de former un Cabinet ministériel présenté comme « impartial, technique et efficace », fondé sur des critères de compétence et d’éthique.
Le document insiste également sur la neutralité de l’appareil d’État. Il interdit explicitement toute utilisation partisane des ressources publiques. Les membres du gouvernement ou hauts fonctionnaires qui envisageraient une candidature aux prochaines élections devront démissionner dans un délai d’un mois.
Sur le plan sécuritaire, le Pacte place le renforcement opérationnel de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H) au centre des priorités. Il mentionne une coopération avec la Force de Répression des Gangs (FRG) conformément à la résolution 2793 (2025), ainsi que la relance de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR).
Concernant le processus électoral, le texte prévoit la modernisation de l’administration électorale, l’amélioration du registre via l’Office national d’identification (ONI), l’usage accru des technologies numériques pour la publication des résultats et l’intégration des Haïtiens de la diaspora.
Si plusieurs signatures ont été enregistrées, aucune liste officielle consolidée n’a encore été publiée. Le degré d’adhésion réel des principaux acteurs politiques reste donc à mesurer.
La mise en œuvre effective du Pacte dépendra désormais de sa capacité à dépasser l’accord formel pour produire des résultats tangibles, notamment en matière de sécurité et d’organisation électorale.
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