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États-Unis : des Haïtiens de Springfield placés sous surveillance électronique après la fin du TPS 

03 August 2026
This content originally appeared on juno7 - Haïti News.
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Au moins une douzaine de ressortissants haïtiens de Springfield ont reçu l’ordre de se présenter auprès des services de l’immigration dans l’Ohio avant d’être équipés de bracelets électroniques, selon un responsable communautaire. Le département de la Sécurité intérieure confirme mener des opérations de contrôle, sans détailler les cas individuels.

La fin du Statut de protection temporaire accordé aux ressortissants haïtiens commence à produire des conséquences concrètes à Springfield, dans l’État de l’Ohio. Plusieurs anciens bénéficiaires du TPS ont été convoqués par les services américains de l’immigration pour des contrôles en personne avant d’être placés sous surveillance électronique.

Selon une enquête de la radio publique WYSO, au moins une douzaine de membres de la communauté haïtienne de Springfield se sont rendus dans un bureau de l’immigration situé à Blue Ash, près de Cincinnati, après avoir reçu une lettre de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). À l’issue de leur entretien, ils auraient été équipés d’un bracelet électronique à la cheville et informés d’une prochaine audience judiciaire.

Le TPS haïtien a pris fin le 27 juillet 2026, après une décision de la Cour suprême autorisant l’administration américaine à mettre un terme à cette protection humanitaire. Ce statut permettait à ses bénéficiaires admissibles de vivre et de travailler temporairement aux États-Unis sans être expulsés vers Haïti.

Viles Dorsainvil, directeur exécutif du Springfield Haitian Support Center, affirme avoir accompagné plus d’une douzaine d’anciens bénéficiaires du TPS à leurs rendez-vous depuis la fin du programme.

Selon son témoignage, les personnes convoquées devaient se présenter avec leurs documents migratoires. Après avoir été interrogées par les agents de l’ICE, elles auraient reçu un bracelet électronique ainsi qu’une date d’audience fixée environ 30 jours plus tard.

Le responsable communautaire explique également que certaines convocations imposent des délais particulièrement courts. Lorsqu’une personne ne peut pas se présenter, elle doit, selon lui, justifier son absence et transmettre rapidement sa réponse aux autorités.

La mesure provoque un profond malaise au sein de la communauté haïtienne. Viles Dorsainvil raconte notamment le cas d’une mère qui, après son rendez-vous, ne voulait pas que ses enfants découvrent le dispositif fixé à sa cheville.

Pour les défenseurs des immigrants, l’utilisation de ces bracelets contribue à associer des personnes sans condamnation pénale à une image de criminalité. Ils dénoncent une mesure vécue comme humiliante et traumatisante par des familles déjà confrontées à la perte de leur statut migratoire et de leur autorisation de travail.

Une avocate spécialisée en immigration citée par WYSO indique que les personnes convoquées risquent toutefois une arrestation et une éventuelle expulsion si elles refusent de se présenter au contrôle ou de porter le dispositif imposé par les autorités.

Interrogé sur ces opérations, le département américain de la Sécurité intérieure n’a pas confirmé le nombre de ressortissants haïtiens concernés ni détaillé les critères utilisés pour imposer les bracelets électroniques.

Un porte-parole a indiqué que les agences fédérales conduisent quotidiennement des opérations d’application des lois migratoires à travers le pays et ne commentent généralement pas les actions en cours ou à venir. Le département a également rappelé que le TPS avait été conçu comme une protection temporaire.

L’ICE présente les bracelets électroniques comme l’un des outils de son programme d’alternatives à la détention. Ces dispositifs doivent permettre aux autorités de suivre certaines personnes faisant l’objet d’une procédure migratoire sans les maintenir dans un centre de détention.

La situation accroît l’inquiétude à Springfield, qui accueille une importante communauté haïtienne. Plusieurs familles y vivent depuis des années, travaillent dans les entreprises locales et ont des enfants scolarisés aux États-Unis.

Cette communauté avait déjà été fortement exposée pendant la campagne présidentielle de 2024, lorsque Donald Trump et JD Vance avaient relayé de fausses accusations selon lesquelles des migrants haïtiens de Springfield volaient et mangeaient les animaux domestiques de leurs voisins. Ces affirmations avaient été démenties par les autorités locales, mais avaient alimenté les tensions et entraîné des menaces contre des écoles et des bâtiments publics.

La fin du TPS concerne plus de 350 000 ressortissants haïtiens à travers les États-Unis. Tous ne font pas automatiquement l’objet d’une expulsion ou d’une surveillance électronique : la situation dépend notamment de leur parcours migratoire, d’éventuelles autres demandes de protection et des décisions prises individuellement par les autorités.

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