Le mouvement Konviksyon Pou Chanjman (KPC) propose de réintégrer pleinement la diaspora haïtienne dans le processus électoral national à travers un système hybride combinant centres de vote physiques, identification biométrique, registres numériques et, à terme, vote électronique à distance.
Dans un document d’analyse et de proposition institutionnelle rédigé par le révérend Dony Dessam, KPC estime que les prochaines réformes électorales devraient tenir compte de la forte présence des Haïtiens vivant à l’étranger et de leur rôle dans la vie économique et sociale du pays.
Le mouvement rappelle que plusieurs millions d’Haïtiens ou de personnes d’origine haïtienne vivent hors du territoire national, notamment aux États-Unis, au Canada, en République dominicaine et dans d’autres pays de la région. Il souligne également l’importance des transferts de fonds de la diaspora dans l’économie haïtienne.
Au-delà de cette contribution financière, KPC considère que les compétences présentes dans la diaspora pourraient aussi être mobilisées dans des domaines comme la cybersécurité, l’audit électoral, la logistique, l’administration publique ou encore le renforcement institutionnel.
La proposition prévoit la mise en place progressive d’un système de vote hybride pour les Haïtiens vivant à l’étranger. Celui-ci reposerait notamment sur l’identification biométrique, des registres électoraux numériques, les ambassades et consulats, ainsi que des mécanismes renforcés de cybersécurité et d’audit.
KPC évoque également, à plus long terme, la possibilité d’un vote électronique à distance pour les électeurs dûment enregistrés. Le téléphone intelligent pourrait servir de terminal d’accès, sans pour autant constituer une preuve d’identité en lui-même.
Selon le document, ce système devrait s’appuyer sur une identité électorale numérique préalablement validée, une authentification multifactorielle, des outils biométriques et des mécanismes de chiffrement destinés à protéger le bulletin de vote.
Le mouvement insiste toutefois sur le fait que le vote électronique ne devrait pas remplacer entièrement les méthodes traditionnelles. Les bureaux de vote en Haïti, les centres de vote destinés à la diaspora, les ambassades, les consulats et des terminaux contrôlés devraient continuer à faire partie du dispositif.
KPC recommande également que toute introduction du vote électronique soit précédée de projets pilotes, d’audits indépendants, de simulations publiques et de tests de cybersécurité.
La proposition tient aussi compte de la situation des personnes déplacées à l’intérieur du pays. Selon KPC, les déplacements massifs de population compliquent le fonctionnement d’un système électoral reposant principalement sur l’adresse de résidence et les centres de vote traditionnels.
Le mouvement défend ainsi le principe d’un « peuple, un corps électoral », selon lequel tout citoyen haïtien remplissant les conditions légales devrait pouvoir exercer son droit de vote, qu’il réside en Haïti ou à l’étranger.
Pour accompagner cette réforme, KPC propose enfin la création d’une Direction nationale du vote de la diaspora au sein du Conseil électoral. Cette structure serait notamment chargée de l’inscription des électeurs, de la coordination avec le réseau consulaire et l’Office national d’identification, de la cybersécurité, des audits et du suivi statistique.
À travers cette proposition, KPC souhaite faire évoluer la relation entre Haïti et sa diaspora au-delà de la seule contribution économique, en lui accordant une place plus importante dans la participation politique et électorale.
À lire aussi : Haïti – Élections 2026
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