Henry Wooster appelle à consolider la sécurité, la gouvernance et l’économie avant son départ d’Haïti
Lors de sa conférence de presse d’adieu à Port-au-Prince, l’ambassadeur des États-Unis en Haïti a dressé le bilan de sa mission et réaffirmé l’appui de Washington à la stabilisation du pays, tout en appelant les acteurs haïtiens à renforcer les institutions, l’économie et la lutte contre l’impunité.
L’ambassadeur des États-Unis en Haïti, Henry Wooster, a présenté, jeudi à Port-au-Prince, le bilan de sa mission diplomatique à l’occasion d’une conférence de presse organisée avant son départ du pays.
Le diplomate américain a réaffirmé l’engagement de Washington en faveur de la stabilisation d’Haïti et salué la résilience de la population face aux crises sécuritaire, politique, économique et humanitaire.
Revenu en Haïti en juin 2025, après y avoir déjà servi près de trois décennies auparavant, Henry Wooster a déclaré avoir été profondément marqué par la détermination des Haïtiens à poursuivre leur vie malgré un contexte particulièrement difficile.
Selon lui, l’une des principales priorités des États-Unis demeure l’accompagnement du pays vers une stabilité durable. Il a toutefois établi une distinction entre la sécurité et la stabilité, estimant que la première constitue une condition indispensable à l’organisation d’élections crédibles, tandis que la seconde dépend également de la légitimité des institutions, de la qualité de la gouvernance et de la capacité de l’économie à améliorer durablement les conditions de vie.
Henry Wooster a évoqué les démarches menées avec les partenaires internationaux et le Conseil de sécurité des Nations unies pour soutenir la mise en place de la Force de répression des gangs.
Selon l’ambassadeur, cette force multinationale, composée notamment de contingents venus du Tchad, du Salvador, du Guatemala, de la Jamaïque, de la Mongolie et du Sri Lanka, a commencé à mener des opérations destinées à reprendre le contrôle de certaines zones, interpeller des membres de groupes armés, saisir des armes et rouvrir des axes routiers stratégiques.
Il a toutefois insisté sur le fait que les réponses à long terme à la crise devront être portées par les institutions et la société haïtiennes.
Dans cette perspective, le diplomate a présenté le programme « P4000 », financé par le Département d’État américain, qui prévoit le recrutement, la formation et la diplomation de 4 000 nouveaux policiers d’ici au début de l’année 2027.
Il a également souligné la reprise de la coopération américaine avec les Forces armées d’Haïti après la levée de certaines restrictions par le Congrès des États-Unis.
Sur le plan politique, Henry Wooster a salué les engagements pris par les autorités haïtiennes en faveur du rétablissement de l’ordre démocratique et de l’organisation d’élections.
Il a appelé les responsables politiques, le secteur privé et les organisations de la société civile à unir leurs efforts pour lutter contre la corruption, réduire l’impunité et promouvoir une gouvernance davantage tournée vers l’intérêt général.
L’ambassadeur a aussi insisté sur la nécessité d’une relance économique susceptible de créer des emplois et d’offrir des perspectives à la jeunesse.
Selon lui, l’absence d’opportunités économiques accroît la vulnérabilité de nombreux jeunes face au recrutement par les groupes armés. Le secteur privé haïtien devra, à ses yeux, jouer un rôle central dans la création d’emplois et la reconstruction de l’économie.
Henry Wooster a rappelé que les États-Unis demeurent le principal donateur bilatéral d’Haïti, avec plus de 800 millions de dollars américains consacrés à différents programmes d’assistance.
Il a indiqué qu’en 2026, Washington avait notamment mobilisé 125 millions de dollars en faveur du Fonds humanitaire commun administré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, 24 millions pour l’aide alimentaire et 11 millions destinés aux efforts de relèvement après les ouragans.
S’adressant aux médias haïtiens, le diplomate a enfin salué leur contribution à la diffusion d’informations fiables et à la lutte contre la désinformation.
Il a encouragé les journalistes à poursuivre leur travail dans le respect des principes de professionnalisme, de rigueur et d’éthique, estimant qu’une presse crédible constitue un élément essentiel au fonctionnement de toute société démocratique.
À lire aussi : Situation en Haïti : état des lieux, enjeux et repères
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