L’insécurité demeure l’un des principaux défis auxquels fait face Haïti en ce début d’année 2026. Les violences armées, les affrontements entre groupes criminels et les opérations policières se concentrent dans plusieurs zones stratégiques du pays, provoquant déplacements de population, paralysie économique et inquiétudes persistantes au sein de la société.
Contrairement à une perception parfois généralisée, l’insécurité en Haïti ne touche pas l’ensemble du territoire de manière uniforme. Les violences armées se concentrent principalement dans certaines communes et axes stratégiques, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans quelques villes de province.
Selon des données croisées issues de rapports d’organisations internationales, de sources policières et d’observations de terrain, ces zones connaissent une intensité variable des incidents, allant des tirs sporadiques aux affrontements armés prolongés.
La capitale haïtienne demeure l’épicentre de l’insécurité. Plusieurs quartiers et communes de l’aire métropolitaine figurent parmi les zones les plus affectées.
À Port-au-Prince, des secteurs comme Bel-Air, Martissant, La Saline et Bas-Delmas continuent d’être le théâtre de violences récurrentes. Ces zones, stratégiques pour le contrôle des axes routiers et économiques, font l’objet d’une présence accrue de groupes armés.
Dans les communes voisines, notamment Delmas, Cité Soleil et Croix-des-Bouquets, les incidents armés, enlèvements et affrontements entre groupes rivaux sont régulièrement signalés. Ces violences perturbent la circulation, les activités scolaires et commerciales, et compliquent l’accès aux services de base.
Au-delà de la région métropolitaine, le département de l’Artibonite connaît une dégradation notable de la situation sécuritaire. Des communes comme Liancourt, Petite-Rivière de l’Artibonite et certaines zones rurales sont confrontées à des attaques armées, des barrages illégaux et des déplacements de population.
Cette région, considérée comme un important grenier agricole du pays, voit ses activités économiques fortement perturbées par l’insécurité, avec des conséquences directes sur l’approvisionnement et les prix des denrées alimentaires.
Dans le Nord, notamment au Cap-Haïtien, la situation demeure globalement plus stable comparée à Port-au-Prince. Toutefois, des incidents ponctuels, incluant des faits divers graves et des actes criminels isolés, rappellent la fragilité de l’équilibre sécuritaire dans cette région.
Les autorités locales y multiplient les patrouilles et les opérations préventives afin d’éviter une propagation des violences observées dans d’autres départements.
L’insécurité persistante entraîne d’importants déplacements internes. Selon des estimations d’agences humanitaires, des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile au cours des derniers mois, principalement dans la région métropolitaine.
Ces déplacements aggravent la crise humanitaire, avec une pression accrue sur les sites d’accueil, les services de santé et les structures éducatives. Les femmes, les enfants et les personnes âgées figurent parmi les populations les plus vulnérables.
Face à cette situation, la Police nationale d’Haïti (PNH) mène régulièrement des opérations ciblées dans les zones à haut risque. Ces interventions visent à démanteler des groupes armés, sécuriser des axes stratégiques et rétablir un minimum d’ordre public.
Toutefois, les autorités reconnaissent les limites de ces actions, liées notamment au manque de ressources, à la complexité du terrain et à la capacité d’adaptation des groupes criminels. Les appels à un renforcement du soutien institutionnel et international demeurent récurrents.
À ce jour, aucune cartographie officielle exhaustive et consolidée ne permet de mesurer avec précision l’ampleur territoriale de l’insécurité en Haïti. Les analyses reposent sur des données fragmentées, des rapports périodiques et des observations de terrain.
Les zones identifiées comme les plus touchées peuvent évoluer rapidement, en fonction des dynamiques locales, des interventions policières et des rivalités entre groupes armés.
Comprendre l’insécurité en Haïti nécessite une lecture géographique et contextuelle, au-delà des faits divers quotidiens. La concentration des violences dans certaines zones clés met en lumière des enjeux structurels liés à la gouvernance, à l’économie et au contrôle territorial.
Ce dossier sera mis à jour régulièrement afin d’intégrer les évolutions de terrain, les nouvelles données disponibles et les réponses institutionnelles.
Article mis à jour le 7 janvier 2026
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