Procès de l’assassinat de Jovenel Moïse : Martine Moïse livre un témoignage bouleversant à Miami
L’ancienne Première dame d’Haïti Martine Moïse a raconté, en larmes, la nuit du 7 juillet 2021 lors de l’ouverture du procès de quatre suspects accusés d’avoir participé au complot ayant coûté la vie au président haïtien.
Le 10 mars 2026, Martine Moïse a témoigné comme témoin clé lors de l’ouverture du procès de quatre suspects poursuivis pour leur implication présumée dans l’assassinat de son mari, Jovenel Moïse. L’audience se tient devant un tribunal fédéral à Miami, en Floride.
Face au tribunal, l’ancienne Première dame, âgée de 51 ans, a livré un récit chargé d’émotion sur la nuit du drame survenu le 7 juillet 2021 dans la résidence présidentielle privée du couple, située à Pèlerin 5.
« Je suis Martine Moïse, je suis Mme Jovenel Moïse, qui a été assassiné chez nous », a-t-elle déclaré avant d’être submergée par l’émotion et d’éclater en sanglots au milieu de sa phrase.
S’exprimant par l’intermédiaire d’un interprète créole, elle a poursuivi :
« Je suis la Première Dame d’Haïti. Veuillez m’excuser… J’attends depuis si longtemps, cela fait plus de quatre ans. Veuillez m’excuser si je pleure. »
Dans son témoignage, Martine Moïse a décrit les instants de panique qui ont précédé l’assassinat du président. Selon elle, le couple a été réveillé peu après une heure du matin par une rafale de coups de feu tirés à l’extérieur de leur résidence.
« J’étais terrifiée. J’étais sous le choc, tant les coups de feu étaient nombreux », a-t-elle raconté devant les jurés.
« Je l’ai regardé dans les yeux et j’ai vu les mêmes sentiments. »
Elle a également expliqué qu’au moment de l’attaque, elle s’était déplacée à quatre pattes pour vérifier l’état de leurs enfants. Elle a raconté avoir retrouvé leur fille et leur fils dans la chambre de ce dernier et leur avoir demandé de se réfugier dans la salle de bain avec l’un des chiens de la famille afin de se cacher des assaillants.
Quatre accusés devant la justice américaine
Le procès concerne quatre hommes accusés d’avoir participé au complot ayant conduit à l’assassinat du chef d’État haïtien.
Parmi eux figure Arcángel Pretel Ortiz, Colombien et ancien informateur du Federal Bureau of Investigation (FBI), résident permanent aux États-Unis. Il aurait été recruté par Antonio Intriago, un Vénézuélo-Américain propriétaire d’une société de sécurité basée à Doral.
Les deux autres accusés sont James Solages, Haïtiano-Américain ayant travaillé pour Intriago, et Walter Veintemilla, soupçonné d’avoir contribué au financement du complot visant Jovenel Moïse. Tous sont détenus au centre de détention fédéral de Miami depuis leur arrestation.
Selon les documents judiciaires, cinq autres accusés ont déjà plaidé coupable du chef principal de complot et ont été condamnés à la prison à vie. Un sixième a reconnu une accusation moindre pour avoir fourni clandestinement des gilets pare-balles aux commandos colombiens engagés par la société de sécurité d’Antonio Intriago, Counter Terrorist Unit Security.
Une affaire toujours sensible en Haïti
L’affaire demeure particulièrement sensible en Haïti. En février 2024, un juge d’instruction haïtien a inculpé Martine Moïse pour complicité et association de malfaiteurs dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président. L’ancienne Première dame rejette ces accusations et affirme être victime d’une persécution politique.
En février 2025, elle avait également sollicité publiquement l’aide de Donald Trump afin que justice soit rendue dans le dossier de l’assassinat de son époux.
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