Des jeunes âgés de 18 à 25 ans rencontrés par Juno7 affirment privilégier les rapports sexuels sans préservatif, évoquant une sensation jugée plus agréable. Une pratique à risque que le docteur Kerry Norbrun analyse sous l’angle médical, psychologique et social.
Au cours du mois de décembre 2025, plusieurs jeunes interrogés par Juno7 ont exprimé sans détour leur préférence pour les rapports sexuels sans préservatif. Pour eux, cette pratique procure une sensation plus naturelle et plus plaisante. Ces propos, assumés, s’accompagnent toutefois d’une reconnaissance claire des risques encourus, notamment les infections sexuellement transmissibles (IST) et les grossesses non désirées.
« Nous préférons les rapports sans préservatif parce que la sensation est plus agréable. Le préservatif peut provoquer des irritations et devenir inconfortable pour nous deux », confie l’un des jeunes rencontrés.
Ces témoignages mettent en lumière une réalité souvent passée sous silence et posent une question centrale de santé publique : pourquoi, malgré l’information disponible, le préservatif reste-t-il encore largement écarté ?
Selon le docteur Kerry Norbrun, spécialiste en médecine familiale, le rejet du préservatif repose d’abord sur une perception de diminution du plaisir ou sur des expériences physiques désagréables. Certaines personnes évoquent une mauvaise utilisation, un inconfort ou des réactions allergiques au latex. À cela s’ajoute une sous-estimation des risques, car de nombreuses IST ou grossesses non planifiées ne présentent pas de signes immédiats.
Le médecin rappelle que cette perception crée un faux sentiment de sécurité, alors que les conséquences peuvent apparaître plus tard et être lourdes sur le plan sanitaire.
Le facteur psychologique joue également un rôle majeur. « Chez les jeunes, le sentiment d’invulnérabilité est très présent », explique le Dr Norbrun. Beaucoup pensent que les problèmes n’arrivent qu’aux autres. Cette croyance favorise des comportements à risque.
La difficulté d’aborder la question de la protection avec un partenaire renforce aussi le phénomène. Certains craignent de briser l’intimité du moment ou d’être jugés. Pour d’autres, proposer un préservatif peut être perçu comme un manque de confiance ou une accusation implicite.
Le contexte social influence fortement les pratiques sexuelles. Dans plusieurs milieux, la sexualité demeure un sujet tabou. La pression du partenaire ou du groupe décourage parfois l’usage du préservatif, surtout chez les jeunes adultes.
Le Dr Norbrun souligne également les inégalités de pouvoir dans certains couples, qui limitent la capacité, notamment des femmes, à imposer une protection. L’accès restreint, le coût ou la disponibilité irrégulière des préservatifs constituent aussi des obstacles concrets.
Pour le médecin, le refus du préservatif ne résulte donc pas d’un simple manque d’information. Il découle d’interactions complexes entre plaisir, émotions, croyances et environnement social. « Pour encourager des comportements sexuels plus sûrs, il faut une approche globale, empathique et non culpabilisante », insiste-t-il.
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