« Tout n’est pas perdu » : quarante ans après 1986, un appel à reconstruire Haïti
Quarante ans après le départ de Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier, la Fondation Lorquet pour une Nouvelle Haïti (FOLONHA) dresse un constat sans complaisance de la trajectoire du pays et lance un appel pressant à l’unité et à la responsabilité citoyenne. Dans un communiqué publié à l’occasion de cet anniversaire historique, l’organisation estime que la période 1986–2026 restera marquée par des espoirs démocratiques non concrétisés et des occasions manquées.
Selon la Fondation Lorquet, la chute de la dictature en 1986 avait suscité de grandes attentes en matière de démocratie, de justice sociale et de développement. Quatre décennies plus tard, Haïti demeure confrontée à une instabilité politique chronique, à une économie fragile et à une insécurité persistante. Des régimes autoritaires aux gouvernements de transition, aucune administration n’est parvenue à instaurer des institutions solides capables de garantir durablement les droits et le bien-être des citoyens.
La création du Conseil Transitoire Provisoire (CTP), censée ouvrir la voie à des élections crédibles et à une consolidation démocratique, est présentée par la FOLONHA comme un nouvel échec. Pour la fondation, cette structure est devenue un symbole supplémentaire de l’impasse politique, minée par les luttes de pouvoir, les influences extérieures et une gouvernance fragile, pendant que les conditions de vie de la population continuent de se détériorer.
Les secteurs essentiels, tels que l’éducation, la santé et les infrastructures, déjà vulnérables en 1986, se sont selon l’organisation encore affaiblis au fil des années. Cette situation a plongé des millions d’Haïtiens dans une précarité extrême, limitant leur accès aux services de base. Malgré tout, la population continue de faire preuve d’une résilience remarquable, même si la frustration et la déception dominent face à l’absence de changements structurels.
Pour la Fondation Lorquet, revenir sur ces quarante années ne doit pas se limiter à un simple bilan d’échecs. Il s’agit avant tout d’un appel à l’action et à une rupture avec les cycles de mauvaise gouvernance. L’organisation plaide pour des réformes institutionnelles profondes, un leadership inclusif et responsable, ainsi qu’un véritable investissement dans le capital humain haïtien.
Dans sa conclusion, la FOLONHA se veut résolument tournée vers l’avenir. « Tout n’est pas perdu pour Haïti », affirme-t-elle, exhortant les citoyens à mettre fin aux divisions et à la quête de gains personnels au détriment de l’intérêt général. La fondation appelle à bâtir un nouveau contrat social fondé sur l’unité, la solidarité, la justice, l’éducation et le bien-être collectif.
Créée en avril 2010 à la suite du séisme du 12 janvier, la Fondation Lorquet pour une Nouvelle Haïti œuvre dans les domaines de l’éducation, de la santé, des services sociaux et de la coopération internationale.
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