Local News

VIᵉ World Nomad Games : Fahens Jean-Baptiste et Horson Beaucicot représentent Haïti 

06 September 2026
This content originally appeared on juno7 - Haïti News.
Promote your business with NAN

 

Pour leur première participation à cette compétition internationale, Fahens Jean-Baptiste et Horson Beaucicot défendent les couleurs haïtiennes dans les jeux intellectuels et souhaitent mettre en valeur des pratiques traditionnelles encore présentes dans la culture populaire.

Haïti participe cette année aux VIᵉ World Nomad Games, une compétition internationale consacrée à différentes pratiques sportives, culturelles et intellectuelles issues de traditions ancestrales.

Cette sixième édition, organisée au Kirghizistan, rassemble des délégations venues de nombreux pays autour de plusieurs disciplines. La représentation haïtienne évolue dans la catégorie des jeux intellectuels, notamment autour de l’Awalé, connu sous le nom de Rari en Haïti, du Mancala et du Toguz Koorgool, également appelé Togyskoumalak.

Deux ressortissants haïtiens établis au Brésil portent les couleurs du pays dans cette compétition : Fahens Jean-Baptiste, originaire de Vallières, dans le Nord-Est, et Horson Beaucicot, originaire de La Gonâve, dans le département de l’Ouest.

Ingénieur agronome, économiste et titulaire d’un master en éducation, sciences et mathématiques, Fahens Jean-Baptiste poursuit actuellement un doctorat en éducation, sciences et mathématiques à l’Université fédérale de Goiás (UFG), au Brésil. De son côté, Horson Beaucicot est licencié en histoire et étudiant en maîtrise d’histoire sociale au sein de la même université.

Pour Horson Beaucicot, le lien avec l’Awalé ne date pas de sa participation aux World Nomad Games. Il raconte avoir découvert le Rari dès son enfance en Haïti, avant de redécouvrir le jeu et ses subtilités au Brésil grâce à son mentor colombien, Germán Gonzales Giron.

Ce dernier disposait déjà d’une expérience internationale dans cette discipline, ayant notamment participé à la cinquième édition des World Nomad Games, organisée au Kazakhstan en 2024. Il a par la suite organisé un tournoi dans le cadre de la Semaine africaine de l’Université fédérale de Goiás, remporté par Horson Beaucicot.

Cette victoire a ouvert la voie à des échanges autour d’une représentation haïtienne. Fahens Jean-Baptiste a rejoint la délégation quelque temps plus tard, également à l’initiative de Germán Gonzales.

Avant de se rendre au Kirghizistan, les deux représentants haïtiens ont multiplié les séances d’entraînement. Ils ont notamment joué avec des étudiants de l’UFG et d’autres passionnés, tout en utilisant des plateformes numériques pour affronter des joueurs de différentes régions du monde. Des tournois en ligne leur ont également permis de renforcer leur préparation.

Pour les deux représentants haïtiens, l’Awalé, le Mancala et le Toguz Koorgool ne constituent pas uniquement des jeux de société. Ils y voient également des outils de transmission de connaissances, de développement de la pensée stratégique et de compréhension de certaines dynamiques sociales.

Chaque déplacement de graine sur le plateau mobilise, selon eux, le raisonnement logique, la concentration, l’anticipation, la mémoire et le calcul mental.

« Ces jeux constituent un vecteur essentiel de transmission des savoirs oraux », expliquent-ils, soulignant leur place dans différentes traditions africaines et d’Asie centrale.

Les deux participants établissent également un parallèle entre les mécanismes du jeu et certaines situations de la vie quotidienne : gestion des ressources, anticipation, prise de décision et capacité à attendre le moment opportun.

Dans certaines variantes de l’Awalé, des règles empêchent notamment de priver complètement l’adversaire de ressources. Fahens Jean-Baptiste et Horson Beaucicot y voient une dimension éthique associée au partage et à la cohésion communautaire.

Cette participation au Kirghizistan dépasse ainsi, pour eux, le seul cadre de la compétition. Les deux représentants souhaitent profiter de cette visibilité pour contribuer à une meilleure connaissance du Rari, un jeu encore présent dans certaines pratiques populaires haïtiennes.

Ils insistent notamment sur sa dimension intellectuelle, historique et pédagogique et souhaitent encourager davantage de jeunes à s’intéresser à ces traditions.

Pour eux, le Rari constitue un héritage culturel pouvant être mobilisé dans l’apprentissage du calcul, de la logique, de la stratégie et de la gestion des ressources.

Aux jeunes d’Haïti et de la diaspora, les deux représentants adressent un message de confiance et de réappropriation culturelle. Ils les invitent à ne pas sous-estimer la richesse des traditions populaires haïtiennes et à considérer les savoirs ancestraux comme des ressources pouvant contribuer à leur formation.

« Notre patrimoine culturel, nos savoirs populaires et ancestraux possèdent une valeur universelle », soutiennent-ils, estimant que cette réappropriation peut contribuer à renforcer la fierté culturelle chez les jeunes.

Fahens Jean-Baptiste et Horson Beaucicot souhaitent également inscrire cette participation dans la durée. Ils disent vouloir établir des liens avec les responsables des World Nomad Games, former de nouveaux joueurs haïtiens et favoriser une présence du pays lors de prochaines éditions.

Ils plaident enfin pour la création de clubs de Rari, de tournois scolaires et de compétitions populaires en Haïti, avec l’objectif d’utiliser davantage ces jeux dans des activités éducatives et culturelles.

À lire aussi : Situation en Haïti : état des lieux, enjeux et repères