L’ONU met en cause des responsables politiques et économiques dans le financement des gangs en Haïti
Le Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti dresse, dans son rapport final soumis au Conseil de sécurité, un constat particulièrement préoccupant sur l’évolution de l’insécurité dans le pays. Le document, qui couvre la période allant d’octobre 2025 à juillet 2026 et dont les enquêtes ont été menées jusqu’au 10 juillet, décrit la persistance de la violence des gangs, leur capacité à se réorganiser et l’existence de liens entre certains groupes armés, des responsables politiques, des acteurs économiques et des membres des forces de sécurité. Le rapport met notamment en cause plusieurs personnalités dans les violences de Kenscoff et de l’Artibonite.
Selon les experts, les opérations de sécurité menées depuis la fin de 2025 ont permis de contenir temporairement l’expansion de certains gangs dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et de récupérer plusieurs zones. Toutefois, ces avancées restent fragiles en raison de l’absence d’une stratégie nationale de sécurité suffisamment structurée, du manque de ressources et de la persistance de liens entre des gangs et certains acteurs influents.
Le Groupe d’experts estime que la réponse sécuritaire demeure fragmentée et dépend largement de la coopération entre la Police nationale d’Haïti, les Forces armées d’Haïti, la Force de répression des gangs (FRG), des prestataires privés de sécurité et d’autres groupes armés. Le rapport souligne également que certains groupes de vigilance et certaines structures privées ont eux-mêmes été associés à des actes d’extorsion et à des violations des droits humains.
Entre octobre 2025 et avril 2026, 3 165 personnes ont été tuées et 1 551 blessées dans des violences armées. Le rapport précise que 30 % des victimes ont été touchées lors d’attaques de gangs, 5 % dans des actes attribués à des groupes d’autodéfense ou de justice populaire et 65 % lors d’opérations de sécurité. Les gangs sont accusés de meurtres, violences sexuelles, enlèvements contre rançon, recrutement forcé d’enfants, destructions de biens et extorsions.
Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a atteint environ 1,5 million, soit près de 12 % de la population, dans un contexte marqué par l’intensification des violences notamment dans l’Ouest et l’Artibonite.
Kenscoff au cœur des enjeux politiques
Le Groupe d’experts consacre une partie importante de son rapport à Kenscoff. La commune demeure stratégique en raison de sa proximité avec Pétion-Ville, de ses infrastructures de télécommunications, de son importance agricole pour l’approvisionnement de Port-au-Prince et de sa position sur l’axe reliant la capitale au sud du pays.
Entre le 4 et le 9 juillet 2026, une nouvelle vague d’attaques a fait au moins 61 morts parmi les habitants et provoqué le déplacement d’au moins 5 800 personnes, selon le rapport. Les experts affirment que la violence était encore en progression au moment de la rédaction du document.
Le rapport affirme que les motivations politiques ont contribué à la déstabilisation de Kenscoff. Il indique que les attaques de janvier 2025 visaient notamment à démontrer l’incapacité de la police à sécuriser la zone et à créer un climat de chaos susceptible de favoriser des négociations avec les gangs.
Dans ce contexte, le Groupe d’experts présente deux personnalités politiques, Alfrédo Junior Antoine et Nenel Cassy, comme des acteurs ayant soutenu des groupes armés.
Alfrédo Junior Antoine accusé d’avoir soutenu des groupes armés
Le rapport affirme que Alfrédo Junior Antoine, ancien député de Kenscoff pour la période 2016-2020, aurait commencé dès 2016 à armer et soutenir des groupes de jeunes de la région afin de les utiliser comme instruments politiques.
Selon les experts, certains de ces groupes auraient ensuite évolué en gangs ou rejoint des organisations criminelles. Le rapport accuse également Antoine d’avoir été impliqué dans des enlèvements et des détentions illégales, notamment en recourant à des gangs et à d’autres individus armés pour intimider des adversaires politiques ou s’emparer de biens.
Le Groupe d’experts affirme surtout qu’Alfrédo Junior Antoine aurait été l’un des principaux commanditaires de l’attaque du 27 janvier 2025 à Kenscoff. Cette attaque aurait fait plus de 100 morts et aurait été accompagnée de nombreux viols, y compris sur des mineurs, de vols et d’incendies d’habitations.
Le rapport indique qu’Antoine a été arrêté le 4 avril 2025 pour participation à un complot contre la sûreté de l’État, financement d’organisations criminelles, complicité de meurtre et association de malfaiteurs. Il a été remis en liberté le 9 mai 2025.
Les experts affirment également qu’Antoine aurait planifié des attaques avec des gangs dans plusieurs quartiers de Kenscoff et communiqué régulièrement avec des membres de Viv Ansanm, notamment Dady Paul, alias Frantz Valmyr ou « Didy », présenté comme l’un des principaux chefs de gang de Kenscoff.
Le rapport affirme encore qu’Antoine entretenait des contacts réguliers avec Magalie Habitant, décrite par les experts comme une intermédiaire entre des responsables politiques, des hommes d’affaires et des gangs, et qu’il avait des liens étroits avec Vitelhomme Innocent, chef de Kraze Baryè et personne sanctionnée par l’ONU.
Les experts l’identifient également comme l’un des fournisseurs présumés d’armes à feu, de munitions et de ressources financières à Viv Ansanm, par l’intermédiaire d’un tiers. Plusieurs armes à feu détenues illégalement auraient par ailleurs été découvertes à son domicile.
Le rapport mentionne enfin qu’Antoine aurait été impliqué dans des affaires de meurtre, d’abus de confiance, de spoliation et de cambriolage. Il rappelle également une incarcération pour fraude entre septembre 2005 et avril 2008 et une arrestation en juillet 2015 pour appropriation illicite de biens, faux et usage de faux.
Alfrédo Junior Antoine a été contacté par le Groupe d’experts. Il a nié par courrier électronique avoir des liens avec les gangs. Après examen de sa réponse, les experts indiquent avoir transmis son message au Comité des sanctions tout en maintenant leurs conclusions.
Nenel Cassy également mis en cause
Le rapport consacre plusieurs paragraphes à Nenel Cassy, ancien sénateur des Nippes. Les experts affirment qu’il aurait apporté son soutien à différents acteurs armés afin de promouvoir son programme politique et ses intérêts.
Selon le document, Cassy contrôlerait le groupe criminel BLTS, opérant notamment à Chalon, dans la commune de Miragoâne. Le Groupe d’experts attribue à cette structure des activités comprenant la détention illégale d’armes, des meurtres, tentatives de meurtre, enlèvements contre rançon, viols collectifs, détournements de véhicules et de camions de marchandises ainsi que des vols à main armée.
Les experts affirment également que Nenel Cassy aurait contribué à la création de Fantome 509, groupe violent composé notamment d’individus armés et de policiers. Selon le rapport, ce groupe aurait participé à des troubles à l’ordre public, à des incendies volontaires, à des actes de vandalisme contre des biens publics et privés et à des meurtres de policiers.
Le Groupe affirme encore que Cassy et ses complices auraient participé à une tentative d’enlèvement suivie de l’assassinat d’un diplomate haïtien en février 2021.
Les experts l’accusent également d’avoir planifié des attaques contre des infrastructures aéroportuaires à Port-au-Prince, aux Cayes et au Cap-Haïtien et d’avoir organisé des réunions ayant conduit à des attaques visant à déstabiliser Kenscoff, en collusion avec Viv Ansanm.
Le rapport cite par ailleurs des informations fournies par deux États membres selon lesquelles Cassy aurait distribué des armes à des gangs à Gressier en 2018. Il aurait également dirigé, à la fin de 2022, une attaque contre la résidence d’un ancien sénateur avec l’appui du gang Ti-Makak, auquel il aurait fourni des armes. Les experts affirment aussi qu’il aurait soutenu la coalition G-Pèp et le gang Kraze Baryè, dirigé par Vitelhomme Innocent.
Nenel Cassy a été arrêté le 2 août 2025 pour complot contre la sûreté de l’État, financement de groupes criminels, tentative de meurtre et association de malfaiteurs, avant d’être remis en liberté le 19 août 2025. Cette libération avait suscité des critiques d’organisations de la société civile. Des sources proches de l’enquête ont indiqué au Groupe d’experts que l’affaire aurait finalement été classée sans suite.
Le rapport affirme également que, lorsqu’il était sénateur, Cassy aurait utilisé son influence pour obtenir la nomination de deux responsables du Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement. L’un d’eux, Patrick Noramé, aurait détourné et blanchi d’importantes sommes d’argent dont une partie aurait été versée illégalement à Cassy.
Le Groupe rappelle que Nenel Cassy a fait l’objet de sanctions du Canada en mars 2023, qu’il s’est vu interdire l’entrée en République dominicaine en avril 2023 et que les États-Unis l’ont sanctionné en décembre 2023 pour des faits de corruption. Les experts lui ont donné la possibilité de répondre à leurs constatations, mais indiquent n’avoir reçu aucune réponse au moment de la rédaction du rapport.
Guy Philippe et Jean Misnord dans les dynamiques d’expansion vers le Sud
Le rapport ne limite pas les enjeux politiques à Kenscoff et à l’Artibonite. Il affirme que des facteurs politiques sont également à l’origine des tentatives d’expansion des gangs vers le sud de la Grande-Anse.
Les experts citent Guy Philippe, ancien responsable de la police devenu acteur politique, qu’ils présentent comme soutenant Viv Ansanm. Selon le rapport, Guy Philippe aurait rencontré à plusieurs reprises Jean Misnord, alias « Fado », présenté comme le numéro trois du gang Simon Pelé.
Le rapport indique que Fado a été arrêté à Jérémie le 13 janvier 2026. Selon les informations recueillies par les experts, un acteur influent de la région l’aurait transporté par bateau depuis Wharf Jérémie, à Cité-Soleil, jusqu’en Grande-Anse. Fado aurait ensuite rencontré Guy Philippe à plusieurs reprises, la dernière fois en janvier 2026.
Les experts affirment que Guy Philippe entretient des liens étroits avec des gangs et présentent ces relations comme un facteur de risque pour la stabilité et la paix du pays.
Youri Latortue et Prophane Victor cités dans les violences de l’Artibonite
Le Groupe d’experts décrit également une forte implication des gangs dans le Bas-Artibonite.
Entre le 29 mars et le 3 avril 2026, les gangs Gran Grif, dirigé par Luckson Elan, Kokorat San Ras, dirigé par Bendjy, et Canaan, dirigé par Jeff, ont mené des attaques coordonnées dans plusieurs localités de Petite-Rivière-de-l’Artibonite, Marchand Dessalines et Montrouis.
Ces attaques ont fait au moins 95 morts et 38 blessés, tandis qu’environ 9 000 personnes ont été déplacées entre le 28 mars et le 1er avril. Le 29 mars, au moins 67 personnes auraient été tuées et 30 autres blessées lors d’attaques menées par Gran Grif.
Le rapport identifie Kenken, alias « Chat 2 pye », comme l’un des principaux coordonnateurs des attaques. Ancien membre de la Coalition du Bas-Artibonite, il aurait rejoint Gran Grif en octobre 2025. Les attaques visaient notamment la Coalition des révolutionnaires pour sauver l’Artibonite, dite coalition Jean Denis, dirigée par Francky Pierre, alias « Ti Mépri ».
Les experts soulignent également les dynamiques politiques de l’Artibonite et évoquent le recours historique à des groupes armés par Youri Latortue et Prophane Victor. Le rapport précise que, lors des opérations contre Kokorat San Ras, son chef Bendjy aurait lui-même accusé Youri Latortue d’être le fondateur du gang, tout en indiquant que Latortue chercherait désormais à le démanteler. Cette accusation de Bendjy est rapportée comme une déclaration du chef de gang et non comme une conclusion indépendante du Groupe d’experts.
Luckson Elan, Bendjy, Jeff et Kenken
Dans l’Artibonite, le rapport met directement en cause les chefs de gangs.
Luckson Elan, chef de Gran Grif et personne faisant l’objet de sanctions, aurait planifié des attaques coordonnées contre la coalition Jean Denis et menacé publiquement de prendre le contrôle de Petite-Rivière-de-l’Artibonite.
Selon les experts, dans un message audio, Elan aurait menacé de dévaster le Bas-Artibonite à la recherche des membres de la coalition, notamment Ti Mépri, et aurait déclaré que les zones qui les accueilleraient seraient détruites.
Bendjy, chef de Kokorat San Ras depuis la mort de son frère Ferdens Tilus, alias « Meyer », en juillet 2025, aurait planifié et dirigé, avec Luckson Elan et Kenken, les attaques de mars 2026.
Jeff, présenté comme le chef du gang Canaan, est également cité parmi les responsables des attaques coordonnées du Bas-Artibonite.
Le rapport revient également sur les affrontements entre groupes armés dans l’Ouest. Dans la plaine du Cul-de-Sac, les combats entre factions rivales de Viv Ansanm ont fait près de 400 morts en deux mois, dont au moins 68 civils, et provoqué le déplacement d’environ 18 000 personnes. Les violences sexuelles ont fortement augmenté pendant cette période.
À Carrefour, les experts citent Christ-Roy Chery, alias « Chrisla », chef du gang Ti Bwa, accusé d’avoir infligé des châtiments cruels à des personnes, notamment en leur tirant dans les mains et les pieds.
Le rapport cite également Stevenson Albert, alias « Djouma », chef du gang Simon Pelé. Des membres de son groupe auraient tué, le 20 décembre 2025, un mineur de 17 ans et un homme de 20 ans après leur refus d’obéir aux ordres de Djouma.
Monel Felix, alias « Micanor », chef du gang Wharf Jérémie, est lui aussi cité. Le rapport affirme qu’après le massacre qu’il aurait ordonné en décembre 2024, il aurait continué à exercer la terreur dans son quartier, notamment en tuant des personnes et en empêchant des blessés de quitter la zone pour recevoir des soins.
Le rapport affirme que la menace ne provient pas uniquement des gangs. Les experts font état de liens entre certains groupes armés, des policiers et des acteurs économiques.
Ils indiquent notamment que certains policiers fourniraient des armes aux gangs ou faciliteraient leurs déplacements, permettant à certains chefs d’échapper aux opérations de sécurité. Des enquêtes lancées en février 2026 auraient également révélé des liens entre au moins six policiers et Ralph Woodmyr Louissant, alias « Chalè », chef du gang Tokyo. L’un des policiers cités est Charlemagne Volmar, alias « Titit » ou « Steeve ».
Le rapport indique également que certains policiers seraient impliqués dans des enlèvements ou fourniraient aux gangs des informations sur les opérations de sécurité et les déplacements de victimes potentielles.
Rosemila Petit Frère accusée de financer un chef de gang
Le volet financier du rapport cite également Rosemila Petit Frère.
Selon les experts, elle aurait entretenu des échanges réguliers avec Prophane Victor, personne sanctionnée par l’ONU pour son soutien et son armement de gangs, ainsi qu’avec Magalie Habitant, présentée comme une intermédiaire entre gangs et soutiens économiques et financiers.
Le Groupe affirme que, grâce à ses contacts au sein de la police, Rosemila Petit Frère recevait des rapports d’enquête confidentiels provenant d’agents corrompus, notamment des informations concernant Prophane Victor et Magalie Habitant, qu’elle leur aurait ensuite transmises.
Les experts affirment également que ses relations avec certains membres de la PNH lui auraient permis d’obtenir des marchés publics pour la fourniture d’uniformes à la police sans mise en concurrence et sans mécanismes de contrôle suffisants.
Le rapport affirme encore qu’elle aurait utilisé ses relations politiques avec d’anciens responsables gouvernementaux pour favoriser la nomination de personnes à des postes stratégiques afin de permettre des détournements de fonds à son profit.
Une partie de ces fonds aurait ensuite été versée à Jean Gardy, alias « Pece Pim Pim », chef du gang Krache Dife et membre de Viv Ansanm, actif notamment à Bel-Air et Delmas.
Les experts affirment enfin que Rosemila Petit Frère aurait blanchi ces fonds à travers trois entités commerciales lui appartenant : Centre Commercial, Groupe Radio Mono 96.3 FM et Excel Travel.
Mme Petit Frère a répondu au Groupe d’experts en contestant ses constatations. Après examen de cette réponse, les experts indiquent maintenir leurs conclusions.
Le rapport identifie plusieurs gangs et leurs dirigeants dans les zones où les forces de sécurité ont tenté de reprendre du terrain. Parmi eux figurent Kempes Sanon à la tête des Argentins, Ralph Woodmyr Louissant « Chalè » à la tête de Tokyo, Jean Gardy « Pece Pim Pim » à la tête de Krache Dife, Jimmy Chérizier « Barbecue » à la tête de Delmas 6 et Bout Janjan à La Saline.
Les opérations ont également ciblé le gang Simon Pelé de Stevenson Albert « Djouma », notamment autour de Delmas et de Cité-Soleil. Les experts soulignent toutefois que ces opérations n’ont pas permis de démanteler complètement les gangs, plusieurs groupes ayant simplement déplacé leurs activités vers d’autres territoires.
Dans le sud-ouest de la capitale, le rapport cite également Izo, Emmanuel Salomon « Manno », Bougoy, Kilik, Ti Lapli et Chrisla parmi les chefs contrôlant des points de contrôle illégaux.
À Carrefour, les experts affirment que Dimitri Hérard, ancien chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national et personne sanctionnée par l’ONU, continue de circuler librement dans une zone où les gangs ont instauré une forme de gouvernance parallèle.
Les sanctions de l’ONU restent difficiles à appliquer
Le rapport critique également la mise en œuvre du régime de sanctions. Parmi les personnes sanctionnées figurent Jimmy Chérizier, Johnson André, Renel Destina, Vitelhomme Innocent, Wilson Joseph, Prophane Victor, Luckson Elan, Dimitri Hérard et Kempes Sanon.
Les experts constatent que très peu d’avoirs ont effectivement été gelés en Haïti. Selon les informations communiquées par la BRH, seuls les comptes de Kempes Sanon et Prophane Victor avaient été effectivement gelés, pour des montants relativement faibles. Le rapport estime que la lenteur des institutions financières a permis à certaines personnes sanctionnées de transférer ou dissimuler leurs avoirs.
Le Groupe d’experts avertit enfin que la violence armée ne se limite plus à la région métropolitaine. Les attaques de Viv Ansanm se sont étendues vers le Sud-Est, notamment à Seguin, dans la commune de Marigot.
Des attaques coordonnées menées en avril 2026 auraient fait au moins cinq morts parmi les habitants et huit parmi les membres de groupes d’autodéfense. Un sous-commissariat a été incendié, des véhicules de police détruits et du matériel emporté. Les violences ont entraîné le déplacement d’environ 5 656 personnes.
Pour les experts, le contrôle de ces territoires revêt aussi une importance économique et politique. La maîtrise des routes, des zones commerciales, des ports et des corridors stratégiques permettrait aux gangs de percevoir des revenus illicites et à certains acteurs économiques de tirer profit de l’insécurité.
Le rapport souligne notamment que le blocage de la RN2, qui relie Port-au-Prince aux départements du Sud, crée des opportunités économiques pour certains opérateurs privés utilisant des transports maritimes ou aériens pour contourner les zones contrôlées par les gangs. Les experts indiquent que certains policiers affectés à la sécurité de ces activités recevraient des compensations financières.
A lire aussi :
Related News
BRH : une baisse des transferts de la diaspora pourrait fragiliser davantage l’économie...
Jacmel : un homme se faisant passer pour une femme sur TikTok arrêté pour chantage prés...
Haïti s’impose face au Costa Rica et signe une deuxième victoire en Ligue des Nations