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Quand la politique domine l’administration publique de bout en bout 

05 July 2026
This content originally appeared on juno7 - Haïti News.
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L’administration publique haïtienne n’échappe pas au choc causé par l’improvisation politique. Chaque changement de gouvernement est vécu comme une nouvelle saison des chasses gardées. Le pays peine à appliquer les mécanismes définis par la loi pour se doter d’une fonction publique efficace. Par exemple, sur le papier, le recrutement du personnel se fait sur concours. Pourtant aujourd’hui, n’importe qui peut occuper n’importe quelle fonction sans titre ni qualité.

La loi de 2005 portant révision sur le statut général de la fonction publique règlemente l’admission du personnel de l’administration publique haïtienne. Il est obligatoirement recruté sur concours ou tous autres mécanismes définis par certaines institutions publiques en fonction des besoins. Ce texte aurait dû permettre à l’administration publique de disposer des meilleurs éléments pour fournir un service de qualité aux contribuables.

La réalité du terrain dépeint une réalité en total déphasage avec les prescrits légaux. Au cours des 20 dernières années, ou même avant, les institutions publiques servent de butins politiques. Elles sont livrées à des partis, groupes et regroupement politiques récompensés pour leur participation aux négociations ayant abouti à un changement de gouvernement. Ainsi, sans concourir, une kyrielle de personnes s’offre des emplois dans le public sur recommandations.

L’opinion publique persiste à croire que si l’administration publique haïtienne regorge d’incompétents c’est par la faute des politiciens et des politiques avides d’argent. Ces derniers placent leurs proches et leurs alliés dans la fonction publique pour ensuite récolter des avantages illicites et des faveurs économiques. Une perception qui vaut ce qu’elle vaut au regard des différents scandales qu’a connu le pays en lien avec certains cas de nomination.

Si le nombre de fonctionnaires ne cesse d’augmenter, la qualité du service public régresse. Dans certains bureaux publics, on peut facilement observer que les employés sont plus nombreux que les contribuables. Le hic ici n’est pas tant la surpopulation administrative mais l’absence de service. Le népotisme et le clientélisme supplantent ainsi les principes de compétence et de mérite. Cette conception prédatrice de l’État remonte à une époque très loin dans notre histoire.

Face à cette situation, l’urgence d’une réforme en profondeur s’impose. Une réforme qui devrait passer par le rétablissement strict du principe du recrutement par concours pour tous les emplois de la fonction publique, la réalisation d’un audit administratif indépendant dans l’ensemble des institutions de l’État pour identifier les cas de sureffectif et les nominations irrégulières, et le renforcement des institutions chargées de réguler la fonction publique, sans négliger l’evaluation annuelle du personnel pour tout redressement nécessaire le cas échéant. Reste à savoir : À quand la réforme de l’Administration publique haïtienne ? Et qui osera mettre la cloche au cou du chat ?

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